Désintoxication du langage à l’usage des profs docs, 4. « L’EMI c’est transversal »

Désintoxication du langage à l’usage des profs docs, 4. « L’EMI c’est transversal »

« Non, mais vous comprenez, l’EMI c’est transversal ». Combien de fois les professeurs documentalistes ont-ils entendu cette phrase pour justifier qu’on n’accepte pas leur participation à un EPI, ou qu’ils ne pourront prétendre participer à l’AP ? L’EMiconf qui s’est tenu en janvier 2017 a été l’occasion de marteler le message.

Mais au fond, ça veut dire quoi ?  L’EMI, c’est transversal veut souvent dire en fait l’EMI, C’est pas le truc du prof doc.

L'EMI est transverale ( allégorie )

L’EMI est transverale ( allégorie )

Comme souvent dans la langue de bois, on utilise un mot paré de vertus positives, pour faire passer une idée pas très reluisante. La transversalité souvent invoquée de manière assez vague, permet de sous entendre la coopération entre les différents enseignants et le décloisonnement disciplinaire. Car les cloisons, c’est mal.

Mais tous les enseignements promis à la transversalité ne sont pas traités à la même enseigne. Dont un : l’EMC.

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Désintoxication du langage à l’usage des profs docs. 3, EMI et citoyenneté à l’EMIconf

A l’heure ou j’écris ces lignes, se déroule à Lyon l’EMIconf, un colloque organisé par l’IFE. On peut en suivre les conférences en direct via un streaming video, mais si comme moi vous travaillez, il reste le live tweet pour vous faire une idée du contenu

On peut y observer une perpétuation du travail de longue haleine pour marginaliser les professeurs documentalistes. L’appétit de certains est effarant, leur enthousiasme a écarter d’un revers de main dédaigneux notre expérience et nos actions réalisées dans ce domaine affligeant.

Cet article a pour objectif de faire partager une porte ouverte enfoncée avec enthousiasme, typique des discours creux autour de l’EMI : jugez plutôt :
emiconfemicitoyennete

Vous ne voyez pas le problème ? C’est là toute la force de la langue de bois : ça a l’air de dire quelque chose, ça a l’air d’être pétris de valeurs fortes, mais en fait ça sonne creux : Pouvez vous me citez une chose qui, dans l’école ne soit pas liée à l’éducation à la citoyenneté ?

Mmmh ? Et pour cause, c’est bien l’objectif de l’école de former des citoyens !

On ne s’étonnera pas de voir Michel Guillou relayer ce genre de fadaise, lui qui est un expert auto proclamé du numérique, et qui ne l’a jamais tant ouverte que depuis qu’il est à la retraite. Je me demande s’il a jamais fait quoi que ce soit durant sa carrière avec des élèves autour du numérique, sachant qu’il a passé les dernières années de celle ci à grenouiller entre le CRDP de Marly Le Roy et la DSI du rectorat, en tant que sbire du DAN, Pascal Cotentin. Il fait parti de ces troisièmes couteaux évoqués il y a peu qui profitent de la mise en place de l’EMI pour se faire une carrière, invité ou s’invitant partout.

Je découvre Delphine Barbirati qui pousse la logique encore plus loin. Prof, passée par tous les postes ( IAN, prof relais, Traam, chargée de mission, formatrice ), elle ne se contente plus des petites chefferies de l’Education Nationale : elle a décidé de faire de l’EMI une activité lucrative.

barbiratiautoentrepreneur

Son profil Linkedin le confirme : elle propose de se faire payer pour assurer des formations que les profs docs font souvent :

barbiratilinkedin

Réseaux sociaux, cyberharcèlement, identité numérique…Ca ne vous rappelle rien ?

L’EMI mérite mieux que ça non ? Nous faisons mieux, faisons le savoir !

Désintoxication du langage à destination des profs docs, volume 2

J’ai pu faire une nouvelle moisson d’expressions trompeuses, je peux donc compléter mon premier article à ce sujet.

« Je me permets donc ici de parler au nom de cette majorité silencieuse. » veut dire en fait  » je n’ai ni argument ni soutien, mais ma volonté doit s’imposer aux autres « 

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Le mythe des 26 heures démenti par la ministre

ceoyf6zwiaap47uLes rumeurs, les légendes urbaines, les hoax sont souvent pour nous un objet d’étude et pour ma part un objet de fascination.

Dans le contexte de la réforme du collège, il en est un qui m’étonne au plus haut point, et qui m’inquiète : on ne pourrait pas dépasser 26 heures de cours hebdomadaires l’année prochaine. Un certain nombre de collègues se voient alors refuser la poursuite des heures d’enseignement qu’ils menaient souvent en 6e, exclure des dispositifs comme les EPI ou l’AP, sous prétexte que ces heures sont « à prendre » sur les heures de disciplines.

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