Désintoxication du langage à l’usage des profs docs. 3, EMI et citoyenneté à l’EMIconf

A l’heure ou j’écris ces lignes, se déroule à Lyon l’EMIconf, un colloque organisé par l’IFE. On peut en suivre les conférences en direct via un streaming video, mais si comme moi vous travaillez, il reste le live tweet pour vous faire une idée du contenu

On peut y observer une perpétuation du travail de longue haleine pour marginaliser les professeurs documentalistes. L’appétit de certains est effarant, leur enthousiasme a écarter d’un revers de main dédaigneux notre expérience et nos actions réalisées dans ce domaine affligeant.

Cet article a pour objectif de faire partager une porte ouverte enfoncée avec enthousiasme, typique des discours creux autour de l’EMI : jugez plutôt :
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Vous ne voyez pas le problème ? C’est là toute la force de la langue de bois : ça a l’air de dire quelque chose, ça a l’air d’être pétris de valeurs fortes, mais en fait ça sonne creux : Pouvez vous me citez une chose qui, dans l’école ne soit pas liée à l’éducation à la citoyenneté ?

Mmmh ? Et pour cause, c’est bien l’objectif de l’école de former des citoyens !

On ne s’étonnera pas de voir Michel Guillou relayer ce genre de fadaise, lui qui est un expert auto proclamé du numérique, et qui ne l’a jamais tant ouverte que depuis qu’il est à la retraite. Je me demande s’il a jamais fait quoi que ce soit durant sa carrière avec des élèves autour du numérique, sachant qu’il a passé les dernières années de celle ci à grenouiller entre le CRDP de Marly Le Roy et la DSI du rectorat, en tant que sbire du DAN, Pascal Cotentin. Il fait parti de ces troisièmes couteaux évoqués il y a peu qui profitent de la mise en place de l’EMI pour se faire une carrière, invité ou s’invitant partout.

Je découvre Delphine Barbirati qui pousse la logique encore plus loin. Prof, passée par tous les postes ( IAN, prof relais, Traam, chargée de mission, formatrice ), elle ne se contente plus des petites chefferies de l’Education Nationale : elle a décidé de faire de l’EMI une activité lucrative.

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Son profil Linkedin le confirme : elle propose de se faire payer pour assurer des formations que les profs docs font souvent :

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Réseaux sociaux, cyberharcèlement, identité numérique…Ca ne vous rappelle rien ?

L’EMI mérite mieux que ça non ? Nous faisons mieux, faisons le savoir !

Prof doc c’est un métier ( et ça a l’air de les faire chier )

Prof doc c’est un métier ( et ça a l’air de les faire chier )

La situation dans laquelle nous nous trouvons, professeurs documentalistes, est incompréhensible.

Alors que les thématiques et notions que nous portons depuis au moins la création du CAPES sont enfin officiellement reconnues et intégrées aux programmes par l’EMI, nous nous voyons écartés de sa mise en application. Comment est-il possible que le ministère ne fasse pas le lien entre un besoin exprimé et (enfin) reconnu, et des professionnels qu’il a recruté et formés, et pour la plupart volontaires et disponibles ? Quel intérêt à ne pas reconnaître encore notre métier ?

cloister_conspiracy_by_philip_jackson_28329Je crois que certains n’y ont pas intérêt, et que nous nous trouvons face à une conjuration de troisièmes couteaux pour nous empêcher de faire notre travail, que nous ressentons dans le contexte de la négociation d’une nouvelle circulaire de mission ( novembre 2016 )

Mais c’est quoi un métier ?

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Et si nous perdions même le CDI ?

Les espaces de discussions des professeurs documentalistes ont connu ces derniers mois des débats particulièrement intenses autour du positionnement de notre métier, notamment dans le cadre de la réforme du collège. Les différents textes officiels parus dans ce contexte, de la loi de la refondation de l’école aux circulaires précisant la mise en place de la réforme ont donné lieu a beaucoup d’interrogations. La mise en place concrète dans les établissements a donné lieu à des déceptions et des désillusions.

Le plus souvent, nos collègues regrettent des atteintes à la partie enseignante de notre métier, tant la mise en place de la réforme du collège a pu écarter les professeurs documentalistes de dispositifs auxquels ils étaient auparavant associés, les priver de moyens d’enseigner directement, et libérer la parole de ceux qui ne souhaitent pas que leur expertise soit reconnue.

Le plus souvent toujours, les collègues qui s’expriment souhaitent combattre ce mouvement, attachés à leur mandat pédagogique. Parfois, de guerre lasse, d’autres collègues affirment qu’ils se recentreront sur la partie « documentaliste » et sur la gestion du CDI. Rarement, des collègues s’en réjouissent.

Mais on trouve, ces dernières semaines, des témoignages inquiétants qui devraient même faire trembler ces derniers. Trois exemples : Lire la suite

Désintoxication du langage à destination des profs docs, volume 2

J’ai pu faire une nouvelle moisson d’expressions trompeuses, je peux donc compléter mon premier article à ce sujet.

« Je me permets donc ici de parler au nom de cette majorité silencieuse. » veut dire en fait  » je n’ai ni argument ni soutien, mais ma volonté doit s’imposer aux autres « 

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Le mythe des 26 heures démenti par la ministre

ceoyf6zwiaap47uLes rumeurs, les légendes urbaines, les hoax sont souvent pour nous un objet d’étude et pour ma part un objet de fascination.

Dans le contexte de la réforme du collège, il en est un qui m’étonne au plus haut point, et qui m’inquiète : on ne pourrait pas dépasser 26 heures de cours hebdomadaires l’année prochaine. Un certain nombre de collègues se voient alors refuser la poursuite des heures d’enseignement qu’ils menaient souvent en 6e, exclure des dispositifs comme les EPI ou l’AP, sous prétexte que ces heures sont « à prendre » sur les heures de disciplines.

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Pour une égalité des hommes et des femmes, même les profs docs

Nous sommes aujourd’hui le 8 mars, journée internationale du droit des femmes.

J’aimerais profiter de cet événement pour lancer une réflexion, à l’emporte-pièce, sur notre métier, en tirant une ficelle rarement exploitée : les femmes sont très largement majoritaires dans les effectifs de notre profession.

  1. D’accord y a plein de femmes, mais à quel point ?

Je n’en sais rien. Faute d’avoir obtenu une réponse à ce sujet de la DPE de mon rectorat, et les dernières enquêtes de l’APDEN ne prenant pas en compte ce critère dans la présentation du répondant, je suis obligé de faire appel à une approche empirique. Lors des dernières réunions de bassin auxquelles j’ai pu assister, dans 4 départements différents, les hommes représentaient environ 10% des présents. Alors partons sur cette idée, faute de mieux. Ce qui importe c’est que dans la représentation de notre métier, le prof doc est une prof doc.

  1. Admettons que notre métier soit exercé essentiellement par des femmes. Et alors ?

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Microsoft est dans mon ENT !

Il y a quelques semaines, notre ministère a signé un accord largement décrié avec l’entreprise Microsoft. Contre quelques millions d’euros, le ministère accepte que les outils de cette entreprise soient favorisées, et que les esprits des enfants soient influencées pour qu’ils puissent continuer à réclamer du Word et de l’Excel quand ils seront plus grands. L’initiative a été largement décriée, même au delà de l’Education Nationale et au-delà des cercles des défenseurs du logiciel libre. Une action en justice a également été entreprise pour dénoncer une forme de favoritisme illégal.
La route est longue et la voie est libre. On pouvait s’attendre à une bataille acharnée. Mais il semble que l’offensive ait déjà commencée. Voilà quelques semaines, l’interface d’authentification de l’ENT normand, l’Educ de Normandie a évolué.

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