Témoignage d’une professeur documentaliste contractuelle

Par le hasard des réseaux sociaux libres et fédérés, j’ai été amené à converser avec une jeune femme, qui a effectué des études en lien avec le monde des bibliothèques et qui a effectué un remplacement en tant que prof doc sous statut contractuel. Au fur et à mesure de nos échanges, je lui ai proposé de me livrer un témoignage que je publie ici. Le voici donc, sans autre commentaire de ma part que cette introduction. Je ne sais s’il est représentatif, mais il témoigne tout de même de la façon dont sont traités les contractuels dans notre système éducatif. Merci à elle.

Regard d’une contractuelle remplaçante en tant que prof-doc

Avant de parler de mon contrat, je vais parler un peu de ma vision personnelle du métier.

De manière générale, j’avais postulé sur la plate-forme de mon rectorat pour tester le remplacement et me confirmer à moi-même si je souhaitais ou non exercer finalement ce métier à double voire triple dimension. Dans ce métier, ce qui me plaît c’est le côté gestion documentaire et action culturelle. Contrairement à une majorité de futurs prof-docs ou capésiens, je ne suis pas du tout attirée par la dimension enseignante, pédagogique du métier… Ce qui peut poser souci dans une profession où la tendance est à l’inverse de ce que j’aime !

1ère partie

Peu avant mon « recrutement », une personne du rectorat m’a téléphonée, appel que j’ai loupé. J’ai bien sûr aussitôt été écouter son message qui m’informait que ma candidature avait été acceptée et qu’elle avait un remplacement à me proposer.

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Comment cataloguer des vidéos Youtube ( ou autre, comme Peertube ) ?

Depuis quelques mois maintenant, je fais en sorte de cataloguer des ressources en ligne pour compléter les sélections thématiques que j’effectue dans PMB, et compléter les ressources de mon fonds. Je compte ainsi sur la capacité de PMB à suggérer des notices dans l’OPAC pour faire vivre les ressources documentaires que je propose.

Parmi ses ressources, je m’attarde beaucoup sur les vidéos en ligne, et particulièrement sur cette plateforme devenue incontournable qu’est Youtube. Evidemment, je préférerai donner des liens vers des serveurs Peertube, mais l’offre est pour l’instant peu développée, pour ce qui nous concerne. Donc faisons avec ce qu’on a. De toute façon, le questionnement est le même.

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Professeur parce que documentaliste. 5, #payetonauteur

Voilà quelques mois que nous pouvons suivre sur les réseaux sociaux la constitution d’une union des auteurs professionnels, qui entendent vivre dignement de leur métier. Pour moi, cela a commencé lors du dernier salon du livre de Paris ( mars 2018 ), où l’organisateur n’avait pas prévu de budget pour payer les auteurs quand ils participaient à une table ronde, au contraire de booktubers par exemple ou des plantes vertes dans le fond. La protestation a été rendue visible par le mot-dièse #Payetonauteur sur les réseaux sociaux. Tellement visible, que l’organisateur du salon du livre a du faire machine arrière. La lutte paye, et elle ne s’est pas arrêtée là.

Dans un mouvement qu’on peut comparer à #meetoo, nombre d’auteurs ont depuis témoigné de la précarité de leur statut. Nous avons pu lire nombre de situations édifiantes.

Et si je me doutais que rares sont les auteurs à rouler sur l’or, j’ai pu découvrir alors qu’il ne s’agissait pas de quelques anecdotes, mais d’un système vicié : les auteurs sont fort mal traités par l’industrie de l’édition. Le témoignage le plus complet, et le plus frappant est celui de Maliki sur son site

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Octobre, mois de l’imaginaire

Octobre, mois de l’imaginaire

Octobre c’est donc le mois de l’imaginaire. Depuis deux ans des éditeurs français de l’imaginaire ( on  retrouve à l’origine de cette initiative en gros les Indés de l’Imaginaire, mais aussi des poids lourds comme Folio SF ) ont lancé cette idée de faire du mois d’octobre un temps de promotion des littératures de Fantasy, fantastique et de Science-Fiction. Les éditeurs font durant ce mois des éditions particulières, les bibliothécaires et libraires sont invités à proposer des évènements, relayés sur les comptes des réseaux sociaux de l’évènement.

Il me semble que ces littératures sont plutôt bien considérées et présentes dans nos CDI. Mais c’est loin d’être le cas dans les librairies, et dans l’espace médiatique consacré aux livres. Cette tribune de Stéphane Marsan s’en fait l’écho.

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Désintoxication du langage à l’usage des profs docs, 4. « L’EMI c’est transversal »

Désintoxication du langage à l’usage des profs docs, 4. « L’EMI c’est transversal »

« Non, mais vous comprenez, l’EMI c’est transversal ». Combien de fois les professeurs documentalistes ont-ils entendu cette phrase pour justifier qu’on n’accepte pas leur participation à un EPI, ou qu’ils ne pourront prétendre participer à l’AP ? L’EMiconf qui s’est tenu en janvier 2017 a été l’occasion de marteler le message.

Mais au fond, ça veut dire quoi ?  L’EMI, c’est transversal veut souvent dire en fait l’EMI, C’est pas le truc du prof doc.

L'EMI est transverale ( allégorie )

L’EMI est transverale ( allégorie )

Comme souvent dans la langue de bois, on utilise un mot paré de vertus positives, pour faire passer une idée pas très reluisante. La transversalité souvent invoquée de manière assez vague, permet de sous entendre la coopération entre les différents enseignants et le décloisonnement disciplinaire. Car les cloisons, c’est mal.

Mais tous les enseignements promis à la transversalité ne sont pas traités à la même enseigne. Dont un : l’EMC.

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Decodex : qu’en faire pour les profs docs ?

Avant-propos : cet article traîne de plusieurs jours dans la zone brouillon de ce blog. Alors que je m’apprêtais à le publier, j’ai aperçu une nouvelle annonçant que le Décodex faisait à nouveau évoluer sa formule. Mais il me semble que la réflexion de fond vaut encore. Alors, je le publie, mais vous saurez qu’il est un peu anachronique…

Après plusieurs semaines de communication et de réaction autour du Décodex, la poussière n’est pas encore retombée un mois après la sortie de ce projet piloté par des journaliste du Monde, le débat reste rude, à juste titre me semble-t-il.
Je vais essayer d’expliquer ici de mon point de vue de professeur documentaliste pourquoi cet outil me semble être une mauvaise idée. Précisons : je vais traiter de la démarche du classement de la fiabilité des sites et l’annuaire qui en est tiré, celui qui a cristallisé le débat, beaucoup plus médiatisé, y compris par ses créateurs. L’autre pan du dispositif, quelques pages de conseil sur la manière de s’informer ne sont globalement ni pires ni meilleures que ce que l’on peut trouver ailleurs et que ce que font les profs docs ( et d’autres enseignants sans doute ) depuis des années. Les collègues pourront par exemple utiliser les petites cases de bandes dessinées pour illustrer ou synthétiser leur propos. Enfin, si la licence choisie par les auteurs le permet.

Je vois quatre raisons pour ne pas s’intéresser plus que ça à cet outil, car il ne répond pas aux enjeux fixés par le parlement quand il a voté la loi de Refondation de l’école en 2013 et institué l’Éducation aux médias et à l’Information comme un objectif pour la scolarité obligatoire, et pose des problèmes quant à l’emploi avec des élèves.

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Désintoxication du langage à l’usage des profs docs. 3, EMI et citoyenneté à l’EMIconf

A l’heure ou j’écris ces lignes, se déroule à Lyon l’EMIconf, un colloque organisé par l’IFE. On peut en suivre les conférences en direct via un streaming video, mais si comme moi vous travaillez, il reste le live tweet pour vous faire une idée du contenu

On peut y observer une perpétuation du travail de longue haleine pour marginaliser les professeurs documentalistes. L’appétit de certains est effarant, leur enthousiasme a écarter d’un revers de main dédaigneux notre expérience et nos actions réalisées dans ce domaine affligeant.

Cet article a pour objectif de faire partager une porte ouverte enfoncée avec enthousiasme, typique des discours creux autour de l’EMI : jugez plutôt :
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Vous ne voyez pas le problème ? C’est là toute la force de la langue de bois : ça a l’air de dire quelque chose, ça a l’air d’être pétris de valeurs fortes, mais en fait ça sonne creux : Pouvez vous me citez une chose qui, dans l’école ne soit pas liée à l’éducation à la citoyenneté ?

Mmmh ? Et pour cause, c’est bien l’objectif de l’école de former des citoyens !

On ne s’étonnera pas de voir Michel Guillou relayer ce genre de fadaise, lui qui est un expert auto proclamé du numérique, et qui ne l’a jamais tant ouverte que depuis qu’il est à la retraite. Je me demande s’il a jamais fait quoi que ce soit durant sa carrière avec des élèves autour du numérique, sachant qu’il a passé les dernières années de celle ci à grenouiller entre le CRDP de Marly Le Roy et la DSI du rectorat, en tant que sbire du DAN, Pascal Cotentin. Il fait parti de ces troisièmes couteaux évoqués il y a peu qui profitent de la mise en place de l’EMI pour se faire une carrière, invité ou s’invitant partout.

Je découvre Delphine Barbirati qui pousse la logique encore plus loin. Prof, passée par tous les postes ( IAN, prof relais, Traam, chargée de mission, formatrice ), elle ne se contente plus des petites chefferies de l’Education Nationale : elle a décidé de faire de l’EMI une activité lucrative.

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Son profil Linkedin le confirme : elle propose de se faire payer pour assurer des formations que les profs docs font souvent :

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Réseaux sociaux, cyberharcèlement, identité numérique…Ca ne vous rappelle rien ?

L’EMI mérite mieux que ça non ? Nous faisons mieux, faisons le savoir !