Désintoxication du langage à l’usage des profs docs, 4. « L’EMI c’est transversal »

Désintoxication du langage à l’usage des profs docs, 4. « L’EMI c’est transversal »

« Non, mais vous comprenez, l’EMI c’est transversal ». Combien de fois les professeurs documentalistes ont-ils entendu cette phrase pour justifier qu’on n’accepte pas leur participation à un EPI, ou qu’ils ne pourront prétendre participer à l’AP ? L’EMiconf qui s’est tenu en janvier 2017 a été l’occasion de marteler le message.

Mais au fond, ça veut dire quoi ?  L’EMI, c’est transversal veut souvent dire en fait l’EMI, C’est pas le truc du prof doc.

L'EMI est transverale ( allégorie )

L’EMI est transverale ( allégorie )

Comme souvent dans la langue de bois, on utilise un mot paré de vertus positives, pour faire passer une idée pas très reluisante. La transversalité souvent invoquée de manière assez vague, permet de sous entendre la coopération entre les différents enseignants et le décloisonnement disciplinaire. Car les cloisons, c’est mal.

Mais tous les enseignements promis à la transversalité ne sont pas traités à la même enseigne. Dont un : l’EMC.

Lire la suite

Sur la table à carte : surveillance:// de Tristan Nitot

surveillance_800Les éditions C&F ont publié à l’automne 2016 ce petit livre ( même pas 200 pages ) par une voix qui compte dans les milieux qui s’intéresse aux libertés numériques. Tristan Nitot a présidé Mozilla Europe et travaille pour Cozy Cloud. Il a été membre du Conseil National du Numérique, et membre du conseil consultatif de la CNIL. Il est diplôme d’une école d’informatique. Bref, c’est pas un rigolo, il connaît le sujet sur lequel il écrit, parfaitement résumé dans le sous tire de l’ouvrage : Les libertés au défi du numérique : comprendre et agir.

Si vous suivez avec attention ces questions, notamment depuis que la notion d’identité numérique a fait sa place dans nos objets d’enseignement, la lecture du livre ne sera pas pour vous plein de nouvelles révélations. Car tout ce dont Tristan Nitot nous entretient est connu, sur la table parfois depuis de nombreuses années : la surveillance par les entreprises privées, les États qui se servent dans les masses de données accumulées par les entreprises du numériques, notre vie enregistrée jusque dans ses détails les plus intimes et tout ce qu’il est possible de mettre en place pour limiter notre surveillance.

Mais nous, professeurs documentalistes pouvons nous intéresser à ce livre pour plusieurs raisons

Lire la suite

Decodex : qu’en faire pour les profs docs ?

Avant-propos : cet article traîne de plusieurs jours dans la zone brouillon de ce blog. Alors que je m’apprêtais à le publier, j’ai aperçu une nouvelle annonçant que le Décodex faisait à nouveau évoluer sa formule. Mais il me semble que la réflexion de fond vaut encore. Alors, je le publie, mais vous saurez qu’il est un peu anachronique…

Après plusieurs semaines de communication et de réaction autour du Décodex, la poussière n’est pas encore retombée un mois après la sortie de ce projet piloté par des journaliste du Monde, le débat reste rude, à juste titre me semble-t-il.
Je vais essayer d’expliquer ici de mon point de vue de professeur documentaliste pourquoi cet outil me semble être une mauvaise idée. Précisons : je vais traiter de la démarche du classement de la fiabilité des sites et l’annuaire qui en est tiré, celui qui a cristallisé le débat, beaucoup plus médiatisé, y compris par ses créateurs. L’autre pan du dispositif, quelques pages de conseil sur la manière de s’informer ne sont globalement ni pires ni meilleures que ce que l’on peut trouver ailleurs et que ce que font les profs docs ( et d’autres enseignants sans doute ) depuis des années. Les collègues pourront par exemple utiliser les petites cases de bandes dessinées pour illustrer ou synthétiser leur propos. Enfin, si la licence choisie par les auteurs le permet.

Je vois quatre raisons pour ne pas s’intéresser plus que ça à cet outil, car il ne répond pas aux enjeux fixés par le parlement quand il a voté la loi de Refondation de l’école en 2013 et institué l’Éducation aux médias et à l’Information comme un objectif pour la scolarité obligatoire, et pose des problèmes quant à l’emploi avec des élèves.

Lire la suite

Carte des postes vacants pour le mouvement des profs docs : 2017

Comme en 2015 et en 2016, une carte umap ( excellent outil libre pour construire des cartes avec openstreetmap ) est à la disposition des professeurs documentalistes pour indiquer un poste qui pourrait devenir vacant au mouvement 2017. Il s’agit de suppléer aux manques des listes de postes dévoilés par les rectorats.

La carte 2017 est accessible à l’adresse suivante : http://u.osmfr.org/m/74169/

Il s’agit d’être le plus précis possible en remplissant. Voici la marche à suivre dévoilée sur le liste de diffusion e-doc :

1 Chercher le poste que vous voulez indiquer comme vacant avec l’outil “loupe” icone_loupedans la barre de menu à gauche ( cliquez sur plus s’il n’apparait pas ). Vous aurez sans doute besoin de chercher l’établissement de manière plus précise une fois la commune trouvée.

2 Placer un marqueur. Pour cela il faut ouvrir l’outil édition “crayon”, logo_crayon

puis cliquer sur l’icone “marqueur”. logo_marqueur

3 Donnez des informations. Il serait de bon ton de mettre le nom de l’établissement dans le champ “nom” ainsi que sa ville, et de mettre dans le champ “description” toutes les informations que vous jugerez utiles : nombres d’élèves, adresse du site du collège/lycée et de la base, votre départ est t’il certain ou non…

4. Enregistrez, en haut à droite, et fermer l’édition.

Pour mémoire, les précédentes cartes

capture_carte_2016

Édition 2016 ( basée sur une sauvegarde du 21/03/2016 )

capture_carte_2015

Édition 2015

: http://u.osmfr.org/m/31563/

 

En manœuvre : une séance sur le droit d’auteur et le plagiat, le procès de Math Podcast

En manœuvre : une séance sur le droit d’auteur et le plagiat, le procès de Math Podcast

Aborder le droit d’auteur est souvent affaire délicate à l’Ecole. Il y a en effet une tension entre le droit tel qu’il existe et sa remise en cause par les pratiques des internautes. Notre institution tient un discours moralisateur sur le droit moral autour du plagiat dans le cadre des travaux scolaires. En ce qui concerne les droits patrimoniaux, elle a été mobilisée il y a quelques années dans la lutte contre le partage d’œuvres culturelles sur Internet. C’est dans ce contexte qu’est apparu cette odieuse expression « d’usage responsable d’Internet ».
Les technologies sur lesquelles fonctionnent Internet étant basées sur la copie de données, il est évident que ce discours se heurte aux pratiques des élèves mais aussi des enseignants, ringardisant de fait l’Ecole, et ne permet pas de former des citoyens à des débats sur ce sujet. Pourtant, il est possible et souhaitable de faire évoluer ce droit, et notamment en y introduisant des notions comme celle des communs.

Alors pour montrer l’intérêt du droit d’auteur, j’ai pris le parti de faire analyser la situation de Math Podcast à des élèves de 5eme, « youtubeur » victime d’un gros bad buzz au début de l’année 2016.

Dessin de la chaine Youtube cartoon caljbeut trash

Dessin issu de la chaine Youtube cartoon caljbeut trash

Lire la suite

Désintoxication du langage à l’usage des profs docs. 3, EMI et citoyenneté à l’EMIconf

A l’heure ou j’écris ces lignes, se déroule à Lyon l’EMIconf, un colloque organisé par l’IFE. On peut en suivre les conférences en direct via un streaming video, mais si comme moi vous travaillez, il reste le live tweet pour vous faire une idée du contenu

On peut y observer une perpétuation du travail de longue haleine pour marginaliser les professeurs documentalistes. L’appétit de certains est effarant, leur enthousiasme a écarter d’un revers de main dédaigneux notre expérience et nos actions réalisées dans ce domaine affligeant.

Cet article a pour objectif de faire partager une porte ouverte enfoncée avec enthousiasme, typique des discours creux autour de l’EMI : jugez plutôt :
emiconfemicitoyennete

Vous ne voyez pas le problème ? C’est là toute la force de la langue de bois : ça a l’air de dire quelque chose, ça a l’air d’être pétris de valeurs fortes, mais en fait ça sonne creux : Pouvez vous me citez une chose qui, dans l’école ne soit pas liée à l’éducation à la citoyenneté ?

Mmmh ? Et pour cause, c’est bien l’objectif de l’école de former des citoyens !

On ne s’étonnera pas de voir Michel Guillou relayer ce genre de fadaise, lui qui est un expert auto proclamé du numérique, et qui ne l’a jamais tant ouverte que depuis qu’il est à la retraite. Je me demande s’il a jamais fait quoi que ce soit durant sa carrière avec des élèves autour du numérique, sachant qu’il a passé les dernières années de celle ci à grenouiller entre le CRDP de Marly Le Roy et la DSI du rectorat, en tant que sbire du DAN, Pascal Cotentin. Il fait parti de ces troisièmes couteaux évoqués il y a peu qui profitent de la mise en place de l’EMI pour se faire une carrière, invité ou s’invitant partout.

Je découvre Delphine Barbirati qui pousse la logique encore plus loin. Prof, passée par tous les postes ( IAN, prof relais, Traam, chargée de mission, formatrice ), elle ne se contente plus des petites chefferies de l’Education Nationale : elle a décidé de faire de l’EMI une activité lucrative.

barbiratiautoentrepreneur

Son profil Linkedin le confirme : elle propose de se faire payer pour assurer des formations que les profs docs font souvent :

barbiratilinkedin

Réseaux sociaux, cyberharcèlement, identité numérique…Ca ne vous rappelle rien ?

L’EMI mérite mieux que ça non ? Nous faisons mieux, faisons le savoir !

Prof doc c’est un métier ( et ça a l’air de les faire chier )

Prof doc c’est un métier ( et ça a l’air de les faire chier )

La situation dans laquelle nous nous trouvons, professeurs documentalistes, est incompréhensible.

Alors que les thématiques et notions que nous portons depuis au moins la création du CAPES sont enfin officiellement reconnues et intégrées aux programmes par l’EMI, nous nous voyons écartés de sa mise en application. Comment est-il possible que le ministère ne fasse pas le lien entre un besoin exprimé et (enfin) reconnu, et des professionnels qu’il a recruté et formés, et pour la plupart volontaires et disponibles ? Quel intérêt à ne pas reconnaître encore notre métier ?

cloister_conspiracy_by_philip_jackson_28329Je crois que certains n’y ont pas intérêt, et que nous nous trouvons face à une conjuration de troisièmes couteaux pour nous empêcher de faire notre travail, que nous ressentons dans le contexte de la négociation d’une nouvelle circulaire de mission ( novembre 2016 )

Mais c’est quoi un métier ?

Lire la suite