Dans la cale : Océania. 1, La prophétie des oiseaux

Dans l’avalanche de spécimens arrivés au CDI à la fin de l’année scolaire 2016, j’ai reçu un roman édité chez Rageot, La prophétie des oiseaux, premier tome d’une tétralogie intitulée Océania. De loin, c’est une dystopie un peu écolo, de près, c’est pas terrible.

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Passons sur la couverture, où se dit que la maquettiste devrait moins se lâcher sur les philtres Photoshop, alors qu’il existe d’autres couvertures finalement beaucoup plus sympa pour la même oeuvre.

Globalement donc, une dystopie. Le niveau de la mer monte, les sociétés européennes sont ébranlées, et l’héroine, orpheline, élevée par son grand père qui guette l’avancée de l’océan sur la cote atlantique, va partir en Amérique pour se mettre à l’abri. Là elle découvre une société qui s’est préparé à la montée des eaux, mais qui a sombré dans une espèce de dictature soft. Elle y rencontre le grand amour et apprend des révélations sur son passé.

La quatrième de couverture évoque un lien entre l’héroine et les oiseaux, qui promet un aspect mystique ou fantastique aux aventures de Flavia. Ce lien est plus que sommairement traité dans ce premier tome. Et d’ailleurs tout est sommairement traité.

Globalement les personnages sont peu intéressants, caricaturaux, résumés à un ou deux traits principaux. On peine à s’accrocher à l’un d’eux. C’est Flavia, le personnage principal qui s’en sort le mieux, mais la galerie de personnages secondaires effleurent à peine leurs motivations et aucun n’est vraiment crédible.

L’intrigue elle même semble cousue de fil blanc, on voit venir les rebondissements à deux kilomètres et on ne vibre à aucun moment face aux (rares) dangers qu’affrontent les personnages. Mention spéciale : à un moment, un perso secondaire pénètre dans un bâtiment très protégé, sans que l’écriture ne nous amène à comprendre pourquoi il est si habile ni si la situation est vraiment tendue. Face à un ordinateur, il doit donner un mot de passe sinon l’alarme sonne.. On ne sait trop comment, il devine que c’est un nombre. on ne sait trop pourquoi, il détermine que ce doit être le nombre d’or. Il tape donc 1.618033989, sans qu’on sache pourquoi il décide de mettre 9 décimales et pas 2 ou 36.

Pire, le décor, le monde est peu crédible peu attachant, pas fascinant alors qu’il est en soi un personnage dans toutes les littératures de l’imaginaire, un élément qui accroche le lecteur dans sa découverte progressive. Mais là, on se moque de tout, on ne s’attache à rien. Certes des pistes sont évoquées : des réfugiés à Paris, d’accord, mais quelles en sont les conséquences ?  l’Amérique vit dans une société policière, mais l’auteur ne nous décrit pas les policiers, les miliciens qui sont censés contrôler les rues, ce qui fait qu’on ne croit pas au danger évoqué en quelques mots.

Souvent, les cycles de littératures commencent pas un premier tome poussif qui prend trop de temps pour poser un univers qui se découvrira pleinement dans les tomes suivants. Bah là même pas.

L’édition que j’ai reçue porte sur sa 4e de couverture un macaron « recommandé par l’Education Nationale ». Je me demande si quelqu’un a lu ce roman au delà de l’effet d’annonce d’une intrigue tournant autour de l’écologie avant de donner ce label…

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