La semaine de la presse : pas cette année

Nous sommes le 7 janvier, premier jour de l’inscription à la semaine de la presse. C’est une date que je met dans mon agenda assez tôt dans l’année scolaire pour ne pas l’oublier. Et cette année, je ne pense pas inscrire mon établissement.

Un nombre important de collègues professeurs documentalistes ont décidé de protester cette année, en ne s’associant pas cet événement. Et pourtant, il nous en coûte : il s’agit d’un rendez vous traditionnel, depuis plus de 20 ans, symbolique de notre profession. S’agit t’il encore d’un rendez vous important ? Je suis désormais convaincu du contraire.

      La semaine de la presse en ait à sa 27e édition. Il y a 27 ans, on pouvait considérer que cet événement permettait de faire entrer un sujet qui devait paraître novateur à l’époque dans l’enseignement. Mais désormais, ça fait des années que l’on répète, que l’on milite, que l’on argumente. On sait que ce sujet est important. Si important qu’il ne peut pas se contenter d’une semaine.La plupart des collègues s’inscrivent afin de profiter de l’apport de périodiques dans des CDI au budget parfois malingre. Mais nous devons constater que nous sommes souvent déçus, par l’arrivée tardif des colis, par la masse d’exemplaires du Figaro ou Figaro Madame, ou par les quotidiens vieux de plusieurs jours.

 

    Durant mes années en LP, je n’ai jamais réussi à embrayer sur des activités de masses, mes collègues de Lettres Histoire m’expliquant les élèves étaient en stage, partaient en stage, revenaient de stage

Mais alors quoi ? Nous le savons depuis quelques années, alors pourquoi cette année, renacler en s’embrigader dans ce grand mouvement national ? Tout simplement parce que les prof-docs sont les chevilles ouvrières de cette opération nationale. Et nous constatons que nous sommes mis de coté. Toutes les opérations de communication nous oublient systématiquement, alors que le réseau Canopé déploie toute son énergie à essayer de justifier son existence en récupérant ce qui lui semble un succès. La preuve :

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Concrètement, des gens sur des estrades, dans les salons feutrés des ministères, dans des colloques, ou des tables rondes s’enorgueillissent du résultat d’un travail de longue haleine, celui de tous les professeurs documentalistes, tout en leur refusant d’enfin jouir de ce dont ont ils ont été les pionniers.

Nous ne demandons pas d’être les seuls à travailler sur les médias. Nous ne demandons pas à être les seuls à intervenir sur l’Education aux Media et à l’Information ( distincte du seul travail sur les médias d’information que l’on met en avant durant la semaine de la presse et des médias.). Mais nous n’entendons pas en être évincés si facilement. Et nous avons du poids : nous, nous avons les élèves face à nous.

Prenons acte qu’au bout de 27 ans, cette semaine de la presse n’est plus qu’une campagne publicitaire pour un secteur économique en difficulté ( et sous perfusion régulière d’argent public ) à destination d’un public influençable, celui des enfants.

A nous de prendre en charge une véritable éducation aux médias et à l’information, qui comprend les mass média, toute l’année avec tous les élèves. Sortons du spectaculaire, et visons la formation pleine et entière du citoyen.

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