Dans la cale : Et mes yeux se sont fermés de Patrick Bard

Un sujet délicat : le départ de jeunes français vers les terres contrôlées par l’Etat islamique, l’endoctrinement, le mariage, la guerre, le retour en France…Alors qu’il se dit tout et n’importe quoi sur le sujet dans le débat public, écrire un roman à destination d’adolescents dans ce contexte est une gageure, avec le risque de sombrer, même sans s’en rendre compte dans l’ignominie. Avec ce roman chorale, Patrick Bard s’en sort avec les honneurs.

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Dans la cale : Miss Pook et les enfants de la Lune de Bertrand Santini

cvt_miss-pook-et-les-enfants-de-la-lune_8700J’ai été séduit par ce roman assez court ( moins de 200p. ) qui réussit à merveille à marier fantastique et humour. Les premières pages mettent en scène Miss Pook, qui devient gouvernante dans la famille de la jeune Elise au début du XXe siècle à Paris. Impossible de ne pas penser à Marie Poppins, avec une mention toute particulière au portrait des parents, de la grande bourgeoisie, ridicules et aimants. Usant de stratagème, Miss Pook convainc Elise de partir avec elle sur la Lune. Elise y découvrira des créatures diverses et variées, échappera à des pièges et à mille dangers.

 

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Dans la cale : l’île au manoir d’Estelle Faye

51mytxd8ztl-_sx195_Je suis heureux de pouvoir désormais avoir dans le fonds du CDI du collège un livre d’Estelle Faye. J’ai eu l’occasion de la rencontrer, notamment lors des rencontres de l’imaginaire de Brocéliande, et de lire les Seigneurs de Bohen et Un éclat de Givre mais qui sont peu adaptés au public de collège. J’ai lu aussi le premier tome de La voie des oracles qui pour le coup pourrait tout à fait être lu par des élèves lecteurs de collège. Mais là, petite pépite, L’île au manoir est un must have.

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Professeur parce que documentaliste. 5, #payetonauteur

Voilà quelques mois que nous pouvons suivre sur les réseaux sociaux la constitution d’une union des auteurs professionnels, qui entendent vivre dignement de leur métier. Pour moi, cela a commencé lors du dernier salon du livre de Paris ( mars 2018 ), où l’organisateur n’avait pas prévu de budget pour payer les auteurs quand ils participaient à une table ronde, au contraire de booktubers par exemple ou des plantes vertes dans le fond. La protestation a été rendue visible par le mot-dièse #Payetonauteur sur les réseaux sociaux. Tellement visible, que l’organisateur du salon du livre a du faire machine arrière. La lutte paye, et elle ne s’est pas arrêtée là.

Dans un mouvement qu’on peut comparer à #meetoo, nombre d’auteurs ont depuis témoigné de la précarité de leur statut. Nous avons pu lire nombre de situations édifiantes.

Et si je me doutais que rares sont les auteurs à rouler sur l’or, j’ai pu découvrir alors qu’il ne s’agissait pas de quelques anecdotes, mais d’un système vicié : les auteurs sont fort mal traités par l’industrie de l’édition. Le témoignage le plus complet, et le plus frappant est celui de Maliki sur son site

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Dans la cale : Presque minuit d’Anthony Combrexelle

51fbvrlrhvl-_sx195_Il y a peu, pour répondre à la sollicitation d’une collègue de français souhaitant faire lire des élèves de 5e autour du thème  » Imaginer d’autres univers », j’ai commandé plusieurs romans, notamment en me basant sur les parutions du site Elbakin.net, et de son prix, mais aussi d’autres blogs. Je cherchais activement des romans correspondant au genre du steampunk parce qu’on parle d’éventuels projets communs avec des collègues d’anglais, d’arts et de français. Et pour le coup, Presque Minuit rentre dans ce cadre donc allons y. Je sors de la lecture assez partagé. Beware, Spoil incoming !

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Octobre, mois de l’imaginaire

Octobre, mois de l’imaginaire

Octobre c’est donc le mois de l’imaginaire. Depuis deux ans des éditeurs français de l’imaginaire ( on  retrouve à l’origine de cette initiative en gros les Indés de l’Imaginaire, mais aussi des poids lourds comme Folio SF ) ont lancé cette idée de faire du mois d’octobre un temps de promotion des littératures de Fantasy, fantastique et de Science-Fiction. Les éditeurs font durant ce mois des éditions particulières, les bibliothécaires et libraires sont invités à proposer des évènements, relayés sur les comptes des réseaux sociaux de l’évènement.

Il me semble que ces littératures sont plutôt bien considérées et présentes dans nos CDI. Mais c’est loin d’être le cas dans les librairies, et dans l’espace médiatique consacré aux livres. Cette tribune de Stéphane Marsan s’en fait l’écho.

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Sur la table à carte : S’informer fatigue par Ignacio Ramonet

J’ai retrouvé récemment ce texte que j’avais lu durant ma préparation du CAPES, dont j’avais gardé le titre dans un coin de ma tête comme un mantra professionnel, et dont je me souvenais comme une référence incontournable.

Une citation pour commencer: «Un quatrième concept s’est modifié. Celui, fondamental, de la véracité de l’information. Désormais, un fait est vrai non pas parce qu’il correspond à des critères objectifs, rigoureux et vérifiés à la source, mais tout simplement parce que d’autres médias répètent les mêmes affirmations et « confirment »… »

Ne croirait-on pas une analyse du phénomène du buzz, des fakes news et du complotisme qui assaille l’esprit des jeunes fréquentant Internet sans protection ? Et pourtant cet éditorial d’Ignacio Ramonet dans le Monde Diplomatique date d’octobre 1993.

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